lundi 6 mars 2017

Immersed carcasses

Anthurus d'Archer - Immersed Carcasses












 







"Détournement,
Ambiant noise,

Gargouillements,
Micro jouet,
chiens aboyants,
Descendre doucement dans des abysses oniriques, glaciales et cotonneuses."

Immersed Carcasses est un montage sonore dont la trame est un enregistrement trafiqué d'un live de Carcass.

Le metal fait partie de ma vie: j'en écoute depuis gamin, j'en ai joué un peu dans divers groupes et aujourd'hui je réinjecte ça dans ma création.

Je ne suis pas un vrai metalleux, je fais partie des types que Seth Putnam détestait, j'ai une appréhension intellectuelle, musicale, esthétique du truc: je me fous un peu des têtes de mort, des motos, des fringues, du headbang, des concerts et de tous le folklore, ce que j'aime c'est l'ambiance des musiques et le jouage des musiciens.

Ce qui est vraiment cool dans le metal, c'est qu'à force de cocher toutes les cases de ce qui est interdit par l'enseignement musical traditionnel, certains groupes en arrivent à devenir purement géniaux, avec des ralentis "sui generis", des façons inimitables de jouer, structurer, harmoniser, des choix de mixage disproportionnés générant des plans sonores puissamment évocateurs, certains groupes finissant même par développer un niveau de technicité et d'ambition artistique stupéfiant.

Je ne m'étendrai pas sur l'affection que j'ai pour les thématiques sombres, macabres ou déviantes régulièrement exploitées dans le genre, j'en reparlerai plus tard.

Aujourd'hui, et particulièrement dans le style dit "progressif" beaucoup de musiciens utilisent les riffs et techniques metal dans divers contextes pour essayer d'innover.

Je pense que c'est une impasse dans la mesure où le style en lui même, dans son infinie diversité (du heavy au gore grind en passant par toutes les déclinaisons black, death, thrash ou industriel), se suffit à lui même.

Non, ce qui est excitant c'est de travailler directement le metal comme un élément constitutif de la culture, soit en développant son imagerie/ses thématiques dans d'autres contextes soit en en utilisant les enregistrements comme matériau sonore, en en samplant pour faire très simple.

C'est donc ce que j'ai fait dans Immersed Carcasses: le live de Carcass est trafiqué magouillé, je l'ai ensuite découpé réorganisé puis j'ai arrangé cette matière pour la rendre "orchestrale" en lui adjoignant du Allan Holdsworth, des aboiements de chien, des vocaux perso, de la harpe et des solo shred piqués sur YT.

"In fine" c'est de l'ambiant: le metal est détourné pour en faire autre chose de plus conceptuel et de non instrumental, vidé de sa substance il n'en reste plus que les associations mentales .

Ça n'est pas de la composition, c'est de l'art sonore, quelque chose de décoratif, d'inerte.

Ce qui compte c'est l'effet climatique de l'ensemble, ici un truc nauséeux, sombre, qui fait penser à une sorte de cercle dantesque.

J'ai utilisé un procédé similaire pour Bath Salts Phenomenon dans un esprit plutôt harsh noise et vapor wave.

"Immersed Carcasses" est sorti sur le net label brésilien SattvaRecords.

Listen to full album here

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